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Témoignages

Ouf…!! - témoignage de Marie-José – 7 novembre 2014

Je reviens d'une semaine au nord du Bénin. Je suis partie en autobus samedi matin pour Djougou, un voyage de 12 heures sans aucune panne!!!!

William et Camille, deux psychiatres français très sympa et impliqués, y étaient et dimanche j'ai assisté aux consultations. Puis ils m'ont invitée à les suivre pour une tournée des centres de relais soit des dispensaires déjà existants où on réfère les gens pour un suivi externe. La Saint-Camille est en train de mettre en place ce réseau de petits centres pour éviter que les gens aient de grandes distances à parcourir pour leur suivi. Partis dimanche à 16:00, on arrive à Materi, le bout du monde et on couche chez les sœurs où ont lieu les consultations. Bilan de la journée: on a vu 115 patients dont seulement 4-5 parlaient français, on travaille avec des interprètes…, tout un sport ! Il a fallu louer une camionnette pour y mettre 8 patients dont trois enchaînés avec un membre de la famille. Dans notre boîte de camion, nous en avions déjà 3 + la famille. Pascaline, l'infirmière, a fait des intra- veineuse de valium sur le bord de la route pour que tous ces grands malades soient calmes et que personne ne se jette en bas du camion. Les gens enchaînés nous ont été amenés par leur famille avec soulagement car comment contenir un grand gars comme Simon qui hallucine et qui, croyant qu'on veut le tuer, se défend plus qu'énergiquement. Je suis allée chercher un de ces enchaînés en 4x4 avec Pascaline au fond de la savane.

Mardi, autre journée de centre de relais dans un centre beaucoup mieux organisé et on a fini ca à la buvette de Wewe qui était notre fantasme de puis 3 jours. Dédaigneux s'abstenir…! Mercredi, on remet le collier et c'est un camion de prisonnières qui nous arrive pour évaluation grâce à un avocat soucieux et préoccupé pour elles. Des femmes accusées de sorcellerie et d'autres de meurtre qu'elles ont commis pendant un épisode psychotique. Ouf! On a besoin de 2 personnes interprètes qui traduisent dans un premier dialecte et ensuite dans un autre puis enfin en français... ! C'est plutôt laborieux !

Hier (jeudi ), 12 heures de route avec Abiba une déficiente intellectuelle de Djougou qui s'est gravement brûlée et que nous amenons se faire traiter à l'hôpital de Davogon qui s'occupe des brûlés et des lépreux. Elle est ravie de son voyage et ne souffre pas grâce aux puissants analgésiques que lui ont donnés William et Camille. En plus, arrêt au centre de Bohicon pour quelques consultations et ré-départ. Quelques minutes plus tard, Félix (directeur du Centre) nous appelle pour qu'on l'amène à Porto-Novo. Il monte en moto-taxi (zem) et vient nous rejoindre. Mais il manquait tout de même une péripétie à notre semaine, devinez laquelle? Un problème avec la voiture! 18:15, c'est fait : on a un pneu qui éclate mais heureusement nous avons un pneu de secours ce qui n'est pas toujours certain en Afrique… !

Marie-José

Dr Pierre SANS

Chronique de Marie-José lors de son séjour en avril-mai 2013

Parcours de Marie-Espoir à la St-Camille

En Mars 2007, Grégoire, fait les rues de Cotonou avec des ‘’Amis bretons’’ en visite et deux infirmiers. Nos amis sont très étonnés de cette démarche… mais ils comprennent pourtant que les malades dans la rue peuvent y rester « à vie » si personne ne vient les chercher… Alors !... Parmi les 3 personnes récupérées ce jour, une jeune femme (difficile de lui donner un âge)… Elle se défend fortement…, mais après les premiers soins à Avrankou, elle participe peu à peu à la vie dans le Centre (180 à 200 malades). Elle souhaite rejoindre sa famille qui, dit-elle, est au Togo. Nous ne connaissons d’elle que son nom : Anne-Marie Adjababa et celui de son village au Togo. Les mois passent, elle va de mieux en mieux, elle est consciente qu’il lui faut poursuivre sans arrêt son traitement. Progressivement son état nous permet avec elle, d’envisager un retour en famille ! Mais ceci nécessite un accompagnement… une malade guérie ne peut aller seule à la recherche de sa famille… la Saint Camille se doit de l’accompagner jusqu’au bout. Ça y est, c’est le jour : dimanche, le 10 janvier 2010.C’est le départ avec Grégoire, Sr Johanna, Louise, Amadji (directeur du centre). Arrivée à la frontière du Togo (au nord de Bassila), Grégoire explique aux gendarmes-douaniers notre but: retrouver la famille de cette femme ramassée malade dans une rue de Cotonou voici bientôt 3 ans et soignée au Centre St Camille d’Avrankou au Bénin. Impressionné, l’un d’eux demande le nom de la femme. En entendant ADJABABA, il s’étonne et nous accompagne jusqu’au prochain village où, dit-il, se trouve une famille ADJABABA. Voilà qu’arrivés au village, certains reconnaissent Anne-Marie et vont chercher le « vieux papa » ! Il arrive, avec sa canne… il pleure en appelant sa fille : ‘’Marie-Espoir…, Marie-Espoir… !’’ C’était son nom… Anne-Marie (maintenant Marie-Espoir) hésite, elle reste silencieuse, puis s’approche de son papa…arrivent ensuite les sœurs, les frères, des enfants…et les villageois ! Nous entendons le vieux papa répéter « Dieu est grand, Dieu est grand…, ma fille, mon espoir est revenue ! ». C’est à la fois la joie et les pleurs, puis les photos et plus de détails sur la famille, l’histoire de Marie-Espoir qui apprend qu’elle va être grand’mère dans quelques jours. Sa fille est mariée et son fils est là, il a 19 ans. Elle ne nous avait pas dit qu’elle s’était mariée avec un gendarme, ami de ceux qui nous ont accompagnés, qui a été tué lors des émeutes au Togo. Elle a quitté le village il y a 9 ans… où était-elle partie… ? La famille l’avait fait rechercher et ne croyait plus la revoir un jour ! Ensemble, nous rendons grâce à Dieu pour ce retour inespéré !

rédigé par Sr. Johanna

Séjour de Louise LaVallière

6 février 2010

Bonjour à tous,

Deux semaines se sont déjà écoulées depuis mon retour d'Avrankou, et je suis encore en équilibre entre le Bénin et ici. J'y ai vécu, durant ces 2 mois de bénévolat, des moments intenses qui "rejaillissent" dans mon quotidien. Vivre parmi plus de 220 malades, accompagnés pour plusieurs par un proche (les gardes-malades) ainsi que les soignants (dont la plupart y sont présents 24hr/24), m'a fait voir combien tous ces gens qui se côtoient parta- gent avec tolérance cet espace restreint (conçu au départ pour 80 personnes), et veillent les uns sur les autres. Je m'y suis sentie accueillie et acceptée; à travers les hauts et les bas de tous les jours et de la maladie, ce sont surtout et malgré tout le respect et leur gentillesse qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à eux. Tout ceci ne serait pas sans Grégoire Ahongbonon qui, avec courage et compassion, travaille avec ses précieux collaborateurs à contrer la misère et l'isolement des "oubliés des oubliés", leur famille, leur entourage, en offrant accueil, soins, réhabilitation et surtout une ouverture sur la maladie mentale (et ses traitements) dans un pays où la sorcellerie est encore très présente.

Louise LaVallière
infirmière en santé mentale

Mon voyage parmi les oubliés des oubliés

Dimanche, 13 juillet 2008. J’atterris en terre africaine, au Bénin plus précisément. La première chose qui me vient en tête à ce moment-là : Qu’est-ce que je fais ici? Une foule d’africains me regarde traverser l’aéroport avec des yeux ahuris : Mais qu’est-ce que cette jeune blanche fait ici, seule??? La réponse était simple : Je viens voir la différence, mais surtout je viens voir les malades mentaux… Ces malades qui sont délaissés, abandonnés et rejetés. Ces malades qui, s’ils seraient au Québec, auraient la chance d’être traités, logés et nourris, comme il se doit. Mais la réalité en Afrique est toute autre : les malades, s’ils ne sont pas attachés à un arbre, errent dans les rues, souvent complètement nus, à la recherche d’une âme généreuse qui les prendra sous son aile. Cette âme généreuse, c’est Grégoire. Le fondateur de l’Association St-Camille de Lellis, qui fait un travail remarquable, digne d’un saint. Il va au devant des malades, il les accueille, il leur donne un toit, il les nourrit et il les traite. Et tout ça, il réussit à le faire avec, pour seule aide, la Providence.

Les centres d’accueil pour les malades ressemblent à une cour d’école. Plusieurs personnes, se trouvent dans la cour, à attendre que le temps passe, à danser, à chanter, à discuter ou à prier. Tous cohabitent dans ce refuge. Non seulement ils cohabitent, mais en plus ils s’entraident. Qui de mieux placé qu’un ancien malade pour comprendre ce qui arrive à un autre malade. C’est sur cette façon de voir les choses que les centres fonctionnent : les travailleurs (les infirmiers, les responsables, les personnes travaillant à l’accueil, les aides soignants) sont, en majorité, des anciens malades. Et certains malades, encore en traitement au centre, ont la motivation grandissante d’aller faire leurs études en soins infirmiers afin de revenir travailler au centre et aider les autres. Ce sentiment de solidarité entre les malades nous fait voir la St-Camille comme une grande famille. Voilà comment je me suis sentie : je suis devenue un membre à part entière d’une grande famille! Et ce à une vitesse fulgurante! L’accueil qui m’a été réservé était exceptionnel! Exceptionnel oui, mais un peu apeurant je vous dirais. J’étais en quelque sorte un espoir pour eux… parce qu’en ce moment, l’espoir est tout ce qu’ils ont. Ils espèrent recevoir de l’aide du gouvernement pour manger et être traité, ils espèrent être accepté un jour dans la société au même titre que quelqu’un qui est malade physiquement et ils espèrent guérir… chose qui s’avère difficile en santé mentale.

La santé mentale en Afrique est totalement différente de la nôtre, tant dans son acceptation que dans son traitement. Tout d’abord, les personnes atteintes d’une maladie mentale, que ce soit la schizophrénie ou la dépression, sont rejetées par leurs proches et ce pour toute sorte de raisons. Certains parlent de forces du mal, d’autres de génies, d’autres de transgressions de règles religieuses. Les charlatans tentent plusieurs ‘’thérapies’’ avec des ‘’potions’’ pour libérer le malade de son mal. Lorsque ceux-ci échouent, ce qui est le cas la plupart du temps, les familles se tournent vers les médicaments vendus au bord de la rue et font de l’automédication ce qui rend, en général, encore plus malade le principal concerné. Lorsque toutes ces techniques ont échouées, on pense à consulter la Saint-Camille si on a eu la chance d’en entendre parler… sinon on attache le malade ou on le rejette.

En ce qui concerne le traitement, la cohabitation de plusieurs cultures différentes dans chaque pays rend son approche encore plus difficile. Le psychiatre du centre de Bouaké en Côte d’Ivoire applique le principe de l’ethnopsychiatrie pour soigner ses malades. En fait, puisque les médicaments et les médecins n’ont pas une très grande place dans l’estime de la population africaine, la plupart des malades ne suivent pas le traitement recommandé et les indications du docteur, ce qui augmente à un taux impressionnant le nombre de rechutes. Pour contrer ce phénomène, le psychiatre traite à la fois l’étiologie médicale et l’étiologie culturelle. Il demande à la famille se qu’ils croient être à l’origine de la maladie (par exemple les génies) et intègrent une composante dans le traitement qui est dirigée vers cette cause (par exemple un rituel) en plus des médicaments. Ainsi, la compliance des patients face à leur traitement est beaucoup plus grande.

Cette aventure au sein de l’Association St-Camille fut remplie de surprises! Mais chaque moment, qu’il soit bon ou mauvais, me fit grandir en tant que personne et en tant que future professionnelle de la santé. Je retiens plusieurs choses de mon voyage : Quoi que vous fassiez, faites-le corps et âme! Faites confiance à la vie! Gardez toujours espoir! Soyez solidaires! Et surtout… offrez, donnez et allez vers les souffrants quels qu’ils soient! Faites quelque chose parce que vous le pouvez! Il ne faut pas oublier que dans nos rues aussi nous pouvons retrouver des malades mentalement ou physiquement qui souffrent et qui n’attendent qu’une bonne âme pour les sortir de leur misère… cette bonne âme, c’est peut-être vous! Alors, n’ayez pas peur lorsque vous faites face à la différence, au contraire, foncez vers elle! Et vous apprendrez… plus que vous pouvez l’imaginer!

Andrée-Anne Moisan
Étudiante MD, 3e année
Université de Sherbrooke
Automne 2008

Le défilé

Nous avons été conviées à la fête de St-Camille. C’est un événement majeur dans la vie des centres et dans le cheminement des malades. Cette fête du 4 juillet est l’occasion pour Grégoire de créer un pont entre les centres et la communauté. La journée débute par un défilé. Les malades résidants dans les centres, des anciens malades et les bénévoles y participent. C’est un cortège d’environ 150 personnes qui défilent devant le village. C’est un moment important puisque c’est un moyen de démystifier la maladie aux yeux de la population. Une banderole précède le cortège: « Anniversaire des Malades de St-Camille ». Elle annonce fièrement la mission de Grégoire. Ici, pas de sorcellerie, d’envoûtements ou de malédictions: seulement des malades sur le chemin de la guérison.

Par la suite la population est invitée au centre où on assiste à une messe accompagnée d’une chorale. D’anciens malades viennent ensuite livrer leurs témoignages. Les entendre raconter pourquoi ils ont été attachés, comment Grégoire leur est venu en aide et surtout l’histoire de leur réhabilitation est très émouvant.

Divers intervenants prononcent ensuite leur discours. Le plus attendu et le plus marquant est sans aucun doute le discours de Grégoire. Il captive son auditoire par son ton et sa fougue. Son allocution est émotive sans être larmoyante et elle va droit au cœur.

L’atmosphère devient ensuite plus festive. Un spectacle de clown et de magie émerveille complètement toute l’assistance. Même les adultes sont sous le charme. De jeunes danseurs et chanteurs présentent ensuite un spectacle amateur. La fête se termine par un repas auquel tous sont conviés. Pour l’occasion, on a tué un bœuf et tous en auront une part.

Pour moi, cette fête a marqué le début de mon aprentissage. Il faut savoir que nous venions à peine d’arriver et que nous avions eu seulement un bref aperçu des deux centres d’Avrankou, la veille. Le défilé a donc été pour moi une immersion totale! Lorsque j’y repense, nous avons eu pendant cette seule journée un avant-goût de ce voyage. Des gens complètement enfermés dans leur monde comme ce jeune homme qui a dansé sans s’arrêter pendant plus d’une heure ou ce monsieur qui m’a instruite sur l’évolution des mœurs en Afrique pendant le défilé! Il y avait aussi tous ces anciens malades réhabilités: le boulanger, Paul, Janvier… Et les habitants du village… (Jasmine, une belle petite délinquante, qui espérait qu’on l’emmène avec nous). Nous avons vu des dignitaires, des religieux, des orphelins, une équipe de la télévision espagnole. Il nous a fallu composer avec la chaleur, nos malaises physiques, la poussière et la fatigue. Nous avons été émues, impatientes, émerveillées et impuissantes. Tout notre voyage résumé en une seule journée!

Ma perception du défilé. Beaucoup d’excitation dans l’air ce matin. Nous sommes attendues. Pendant la traversée du nuage de pollution de Cotonou, je me familiarise avec la caméra que je devrai manipuler lors du défilé. Elle me rassure. Ce sera elle ma raison de poser mon regard sur tout ce que je n’oserais pas. Elle sera également mon excuse pour courir partout et l’accessoire qui camouflera mon manque de mots. Je me pratique à filmer la route cahoteuse entre Porto Novo et Avrankou, fascinée par la végétation, les gens que nous croisons. Soudain je tourne la tête et je commence à saisir l’ampleur de l’événement auquel nous sommes invitées. Sur le coin de la route principale, un troupeau attend. Des hommes, des femmes vêtus du chandail blanc à l’effigie de la St-Camille ou de beaux tissus colorés. Ils attendent, calmes, silencieux. Je suis perplexe, la parade n’est censée débuter que dans 1h30. Ils vont attendre là tout ce temps? Nous dépassons les malades pour nous rendre au centre de réinsertion ou les derniers préparatifs vont bon train. Une grande tente et plusieurs centaines de chaises sont installées dans la cour centrale. La fête de la St-Camille, c’est un peu comme un gros souper des fêtes ou on recevrait 150 personnes : beaucoup de planification, d’imprévus, d’énervement et de joie. Ici, comme chez nous, il y a des préparatifs de dernière minute… Chez moi, c’est mettre la table, mélanger la vinaigrette, disposer les amuses-gueules dans des plats de services…Vous savez, ce genre de choses ? Gare au choc culturel : 2h avant la cérémonie, nous sommes au beau milieu des préparatifs de dernière minute version africaine : Un maçon termine la construction des toilettes qui serviront uniquement aux dignitaires, le gros four à pain en terre à été terminé hier… La première fournée de pain sort tout juste de ce même four et pendant ce temps 150 personnes attendent depuis plus d’une heure sur un coin de rue le début de leur défilé ! Rythme incompréhensible mais absolument séduisant. Nous avons à peine le temps de goûter les pains (un régal, tout chaud, sucré) qu’il faut partir.

La grande route, la plus passante de cette région à été fermée pour l’occasion. Le cortège se met en branle. Autour de moi et de ma caméra il y a des sourires, des regards, de la musique et des danses. Je commence à comprendre le sens de cet événement lorsque je vois les spectateurs sur le bas côté de la route. Des femmes portant de lourds fagôts de bois sur leur tête ont arrêté leur marche quotidienne pour voir passer les fous. Des enfants observent attentivement l’événement. C’est le défilé des abandonnés, le cortège des fous, des envoutés, des laissés pour compte. Tout ce monde avance calmement au son des percussions du petit orchestre qui marche avec nous. Il y a de la fierté dans les yeux des plus anciens. Ici, personne ne courbe l’échine. C’est leur jour, leur fête. Et la fierté me gagne aussi. J’ai conscience de participer à un événement très important: les malades ne sont pas cachés. Ils ont envahi la rue!

Je suis plus à l’aise avec la caméra et de plus en plus excitée, je cours d’un bout à l’autre du cortège, affamée d’images. Les marcheurs se sont habitués à ma présence, ils m’ignorent ou me sourient.

Je laisse le cortège me dépasser et je rejoins Diane. Elle conduit le camion qui ferme la marche. Ici, c'est une autre image de la maladie qui s’impose: des yeux hagards, des gestes désordonnés. Un jeune homme est assis près d’elle, son chandail souillé par ses régurgitations. Tassé sur la même banquette une jeune fille au visage désordonné fixe le vide. Le regard de Diane cherche le bout de la rue, un portail, n’importe quel signe qui indiquerait que la balade touche à sa fin… Dans la boîte de la camionnette, une dizaine de corps entassés, quelques lamentations et une patience à toute épreuve…. Il est temps que nous arrivions, elle va manquer de place avant de manquer de courage…

À notre arrivée au centre, une autre surprise nous attend. Les chaises vides 1 heure plus tôt sont presques toutes occupées! Des gens du village, des familles des malades, des dignitaires, une chorale, des anciens malades et partout des enfants… C’est à ce moment que la caméra choisit de s’éteindre. Étrange coup du sort, je ne pourrai filmer ni les témoignages, ni le merveilleux discours de Grégoire. Les mots s’effacent peu à peu, mais les émotions sont toujours là. La mémoire du cœur est grande…

Excellent témoignage de deux professionnels de l'Hôpital Louis-H-Lafontaine de Montréal lors de leur séjour à la St-Camille au Bénin en octobre 2009

Chroniques de Marie-José lors de son séjour au Bénin en mars-avril 2011