Activités

Au Canada (Québec)

Pourquoi un hôpital à Adjarra?

Un des problèmes rencontrés au Bénin, c’était celui d’assurer des soins de santé physique et appropriés aux malades. Comme le malade mental (expression à laquelle tient Grégoire pour bien marquer qu’il s’agit d’une maladie) est perçu possédé du démon, personne ne veut le toucher de crainte d’être à son tour ensorcelé. Même dans les hôpitaux de l’État, ce malade est abandonné, négligé ou refusé : on a peur de cet homme, de cette femme.

Ayant connu le même problème en Côte d’Ivoire, la Saint-Camille a construit son propre hôpital à Bouaké en 1997 où elle dispose actuellement d’un service de médecine générale, d’ophtalmologie avec lunetterie, de dentisterie et d’un laboratoire d’analyses médicales. C’est là que les malades dans les Centres de la Saint-Camille ivoiriens reçoivent les soins usuels de santé physique que leur état délabré requiert surtout à leur arrivée. Cet hôpital est aussi ouvert à toute la population de la ville à peu de frais ce qui ne l’empêche pas de se suffire par lui-même au niveau financier.

Pour le Bénin, à la demande de Grégoire et de son équipe, Les Amis de la Saint-Camille se sont mobilisés pour financer la construction d’un hôpital de jour sur le site d’Adjarra près de Porto-Novo tout comme ses deux premières années d’opération pour en assurer un bon démarrage. Une réalisation au coût de $569,000.00. L’hôpital est en opération depuis septembre 2013. Il s'agit d'un pavillon de médecine générale et d'un autre de maternité. Ils complètent le site hospitalier où s’y trouvait déjà le Centre d’ophtalmologie et de lunetterie. Des locaux à l’intérieur de ces pavillons sont/seront utilisés pour des services de radiologie, d’échographie, de dentisterie, d’analyses de laboratoire et de pharmacie. Formation de personnel (dont trois infirmiers au Burkina Faso), salaire du personnel administratif et médical (année 1 & 2), envoi de conteneurs d’équipements et de mobilier avaient été prévus au budget. Après les deux années de démarrage, l’hôpital est devenu autosuffisant à l’exemple de celui de Bouaké en Côte d’Ivoire.

En nous associant avec Collaboration Santé Internationale (CSI, une ONG de Québec), le Ministère des Relations Internationales du Québec (MRI) a octroyé $200,000.00 pour initier les travaux. CSI a assuré le mobilier, l’équipement médical requis, le matériel de soin et les médicaments pour la première année (valeur d’environ $180,000.00). Les Amis de la St-Camille se sont activés pour compléter la balance du budget, soit $189,000.00.

La Saint-Camille a un soutien formel des autorités en place (mairie, Ministère de la Santé du Bénin, archevêché) mais non financier (la mairie a cependant fait don d’un terrain de 4 hectares pour son emplacement). Elle ne compte que sur les dons, la philanthropie et la charité de particuliers, de communautés religieuses, de petits regroupements de personnes soutenant l’œuvre autant au Canada (au Québec surtout) qu’en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Suisse. Et ça fonctionne !

Tous les travaux ont été réalisés par notre partenaire africain, l’Association Saint-Camille-de-Lellis qui avait déjà l’expérience de construction (16e centre) et de la mise en place de services semblables.

Deux médecins et deux sages-femmes donnent les services avec le personnel de soutien requis (infirmières, aides-soignantes, personnel administratif, pharmacie, etc…). Ces professionnels, engagés par la St-Camille, donnent les services de consultation, de diagnostic, de traitement et de suivi appropriés aux malades tant au niveau de la population en général que pour les malades mentaux dans les centres de la Saint-Camille. Le gouvernement béninois soutient ce projet (sans le financer) et a déjà mis sur papier qu’il sera désigné hôpital de zone pour toute la Commune d’Adjarra (environ 110,000 personnes). Aucun service hospitalier contemporain n’est présent dans cette région.

Tout le personnel est africain dont plusieurs sont d’ex-patients maintenant rétablis.

Au-delà de tels projets, notre quotidien est fait :

  • de toute action propice à faire connaître la situation en santé mentale en Afrique, la solution présentée par la St-Camille et le développement de notre réseau d’aide : présence à des congrès, rencontres de professionnels, de regroupements étudiants et autre, réponses aux nombreux courriels qui nous sont adressés, etc…
  • de communications écrites régulières à nos membres tant sur les activités menées au Québec que celles sur le terrain béninois et ivoirien.
  • d’accompagnements de personnes (étudiants, professionnels, gens d’affaires et autres) séjournant à la St-Camille en Afrique (sélection des demandes, évaluation, préparation, suivi durant le séjour, retour, etc…)
  • de communications fréquentes (téléphones, courriels) avec notre partenaire africain (Grégoire, Sr. Johanna, Félix et autres).
  • d’échanges assidus entre les membres du Conseil d’Administration sur tout ce qui est susceptible de contribuer au développement des services aux malades soignés à la St-Camille.
  • de séjours personnels réguliers de membres du C.A. (à leurs frais) sur le terrain au Bénin et en Côte d’Ivoire.
  • …et de tout travail connexe, comme il est dit dans les conventions de travail !